von Rainald Simon

Le Chi king. Troisième livre canonique du premier Ordre. Odes choisies du Chi king

Le caractère chi, signifie vers, parce qu’en effet tout ce livre ne contient que des odes, des cantiques, et des poésies composées sous les règnes de la troisième race, où l’on voit décrites les mœurs, les coutumes, les maximes des petits rois, qui gouvernaient les provinces sous la dépendance de l’empereur. Les unes n’ont que trois strophes ou stances, qui présentent la même pensée, comme sous trois jours assez peu différents, excepté que chaque stance semble enchérir sur la précédente ; les autres paraissent écrites d’un style plus noble et plus grand. Le nombre des stances n’est pas borné, et chaque stance est le plus souvent de dix vers.

Les interprètes chinois ne sont pas trop heureux à déchiffrer ces poésies : ils se sont fait un système qui a ses contradictions, et qui n’est pas d’ailleurs fort honorable à ces précieux restes d’une antiquité si reculée : on y donne de grandes louanges à la vertu, et on y trouve grand nombre de maximes très sages ; aussi Confucius en fait-il un grand éloge, et assure que la doctrine est très pure et très sainte : c’est ce qui a fait juger à quelques interprètes, que cet ouvrage a été corrompu par le mélange de plusieurs pièces mauvaises car il s’y en trouve d’extravagantes et d’impies, qui les font regarder comme apocryphes. Cependant ces poésies sont d’une grande autorité dans l’empire. Le style en est très obscur, et cette obscurité vient sans doute du laconisme, des métaphores, et de la quantité d’anciens proverbes, dont l’ouvrage est semé. Mais c’est cette obscurité-là même, qui lui concilie l’estime, et la vénération des savants.

On peut partager ces poésies en cinq espèces différentes.

La première comprend les éloges des hommes, qui se sont rendus illustres par leurs talents et par leurs vertus ; avec plusieurs instructions, qu’on avait coutume de chanter dans les solennités, dans les sacrifices aux obsèques et aux cérémonies qui se font en mémoire des ancêtres.

La seconde contient les coutumes établies dans le royaume : ce sont comme des romans, qui étaient composés par des particuliers, qui ne se chantaient pas, mais qui se récitaient en présence de l’empereur et de ses ministres. On y fait naïvement la peinture des mœurs, et l’on y censure les défauts des peuples, et des princes qui les gouvernent.

La troisième s’appelle comparaison ; parce que tout ce qui y est contenu s’explique par des similitudes et des comparaisons.

La quatrième contient des choses élevées jusqu’au sublime parce qu’elles commencent d’ordinaire par certains traits hardis, qui causent de l’admiration, et qui préparent l’esprit à se rendre attentif à ce qui suit.

Enfin la cinquième renferme les poésies suspectes, et que Confucius a rejetées comme apocryphes. Pour donner quelque idée de cet ouvrage, je vais en rapporter quelques odes, qui ont été fidèlement traduites par le père de Prémare.

Nachricht von dem dritten canonischen Buch Chi king, samt einem Auszuge aus demselben

Das Chinesische Lesezeichen Chi bedeutet so viel als Verse, weil in der That dieses Buch nichts anders als Oden, Lieder und andere Gedichte in sich fasset, die unter den Käysern der dritten Dynastie verfertiget, und darin die Sitten, die Gewonheiten und Maximen der kleinen Könige beschrieben werden, die ihre Reiche von den damaligen Käysern zum Lehn empfingen. Einige derselben bestehen nur aus drey Strophen, und stellen fast einerley Gedanken vor, ausgenommen, daß die folgende sich auf die vorhergehende beziehet. Andere scheinen in einem sehr erhabenen Stilo geschrieben zu seyn. Die Anzahl der Strophen in diesen ist nicht gewiß bestimt; und manche bestehet wol aus zehen Versen.

Es sind aber die Chinesischen Ausleger nicht alzuglücklich, den Verstand dieser Gedichte zu entdecken. Sie haben sich selbst einen Begrif davon gemachet, der viel Wiedersprechendes an sich hat, und daher auch diesen sonst ehrwürdigen Ueberresten des Alterthums wenig Ehre bringet. Es wird überhaupt in denselben die Tugend sehr gelobet, und manchreley weise Lebensreguln werden mit unter gestreuet. Confucius hat daher diese Gedichte sehr gerühmet, und versichert, daß die darin enthaltene Lehre rein und vernünftig sey. Daher sind einige Ausleger der Meinung, daß dieses Buch durch die Vermischung mit andern Gedichten gar sehr verstellet worden. Inzwischen steht das Buch im ganzen Reich in grossem Ansehen. Die Schreibart ist dunkel, und diese Dunkelheit rühret von der Laconischen Schreibart, von den vielen Metaphoren und alten Sprüchwörtern her, die darinnen vorkommen; eben diese Dunkelheit aber macht, daß es so hochgeschätzet wird.

Man kan es in fünferley Gattungen der Gedichte eintheilen. Zur ersten gehören die Lobsprüche solcher Männer, die sich durch ihre besondere Gaben und Tugenden wohlverdient gemacht; wobey zugleich verschiedene Unterweisungen gefüget sind, die bey Solennitäten, Opfern, Leichenbegängnissen und andern Cerimonien abgesungen zu werden pflegen. Die zweyte Gattung fasset die im Reich eingeführten Gewonheiten in sich. Es sind dieses nichts als Romanen, die von Privatpersonen aufgesetzet worden, die man aber nicht abgesungen, sondern nur in Gegenwart des Käysers und seiner Minister hergesaget. Die Sitten der Menschen werden darinnen sehr natürlich abgeschildert, und die Fehler sowol des Volks als der Regenten werden freymüthig bestrafet. Der dritte Theil heisset das Buch der Gleichnisse; weil alles, was darin befindlich ist, mit Gleichnissen vorgetragen wird. Die vierte Abtheilung begreifet sehr viel erhabene Gedichte in sich. Sie fangen sich gemeiniglich mit einem dreisten Satz an, der eine Bewunderung erwecket, und das Gemüth zur Aufmerksamkeit zubereitet. Endlich im fünften Theil sind allerley verdächtige Poesien enthalten, die Confucius als unächt verworfen hat. Um nun eine Abbildung von diesem Buch zu geben, so wollen wir einige Materien daraus mittheilen, wie sie vom P. Prémare übersetzet worden.

PREMIÈRE ODE
Un jeune roi prie ses ministres de l’instruire.

Je sais qu’il faut veiller sans cesse sur soi-même ; que le Ciel a une intelligence à qui rien n’échappe ; que ses arrêts sont sans appel. Qu’on ne dise donc pas qu’il est tellement élevé et si loin de nous, qu’il ne pense guère aux choses d’ici-bas. Je sais qu’il considère tout ; qu’il entre dans tout, et qu’il est sans cesse présent à tout. Mais hélas ! je suis encore bien jeune ; je suis peu éclairé, et je n’ai pas assez d’attention sur mes devoirs ; je m’applique cependant de toutes mes forces, et je tâche de ne point perdre de temps, ne désirant rien avec plus d’ardeur, que d’arriver à la perfection. J’espère que vous m’aiderez à porter un fardeau si pesant et que les bons conseils que vous voudrez bien me donner, ne serviront pas peu à me rendre solidement vertueux, ainsi que je le désire.

1.
Ein junger König bitte seine Minister um Unterweisung.

Ich weiß es wohl, daß man unaufhörlich über sich selbst wachen muß. Ich weiß es, daß der Himmel einen Verstand hat, dem nichts verborgen bleibet, und dessen Schlüsse unwiederruflich sind. Man sage demnach ja nicht, daß er so weit über uns erhoben und so weit von uns entfernet sey, daß er sich um uns hier auf Erden nicht bekümmere. Ich weiß, er verstehet alles, und ist ohne Unterlaß und allenthalben gegenwärtig. Aber ach! Ich bin noch sehr jung; ich habe noch wenig Verstand, und merke nicht mit gehöriger Achtung auf meine Pflichten. Doch bemühe ich mich aus allen Kräften, ich will meine Zeit nicht gerne umsonst zubringen; ich suche nichts begieriger, als immer volkommener zu werden. Ich hoffe, ihr werdet mir eine so schwere Last tragen helfen. Euer guter Rath, den ich von euch erwarte, wird mich so tugendhaft machen, als ich es zu werden wünsche.

SECONDE ODE
A la louange de Ven vang (1).

C’est le Ciel qui a fait cette haute montagne, et c’est Tai vang qui l’a rendue un désert : cette perte vient uniquement de sa faute : mais Ven vang lui a rendu son premier éclat. Le chemin où celui-là s’était engagé, est rempli de dangers : mais la voie de Ven vang est droite et facile. Postérité d’un si sage roi, conservez chèrement le bonheur qu’il vous a procuré.


(1) Ven vang, selon les interprètes et les historiens, était père de Vou vang, fondateur de la troisième race. Ven vang signifie proprement Roi de paix.

2.
Eine Ode zum Lobe des Ven vang (1).

Der Himmel hat diesen hohen Berg geschaffen; Tai vang aber hat ihn zur Wüste gemacht. Dieser Verlust rühret her aus seiner Schuld. Ven vang hat ihm wieder zu seinem vorigen Glanz verholfen. Der Weg, auf welchen sich jener verirret, ist voll Gefährlichkeiten: aber der Weg des Ven vang ist eben und sicher. Ihr Nachkommen eines so weisen Königs, suchet dieses durch ihn hergestellte Glück unveränderlich beyzubehalten.


(1) Ven vang war nach dem Bericht der Ausleger und Geschichtsschreiber der Vater des Vou vang, mit dem sich die dritte Dynastie der Kayser angefangen. Ven vang heisset so viel als ein König des Friedens.

TROISIÈME ODE
A la louange du même.

Celui qui seul est roi et suprême seigneur, abaisse sa majesté jusqu’à prendre soin des choses d’ici-bas. Toujours attentif au vrai bonheur du monde il promène ses regards sur la face de la terre. Il voit deux peuples qui ont abandonné ses lois, et le Très Haut ne les abandonne pas encore : il les examine, il les attend ; il cherche partout un homme selon son cœur, et il veut étendre lui-même son empire. Dans ce dessein, il arrête avec amour ses yeux vers l’occident. C’est là qu’il doit habiter, et régner avec ce nouveau roi.

Il commence (1) donc par en ôter toutes les mauvaises herbes, et il nourrit avec soin les bonnes : il émonde ce que les arbres ont de trop, et il met entre eux un bel ordre : il arrache les roseaux, et il cultive les mûriers. Le Seigneur va rendre aux hommes leur première vertu ; tous leurs ennemis s’enfuiront devant eux : le Ciel veut se donner un égal (2). Jamais volonté ne fut plus absolue.

Le Seigneur regarde cette sainte montagne : c’est un séjour de paix ; aussi n’y croît-il aucun des bois dont on fait les armes. C’est un règne éternel ; aussi n’y voit-on que des arbres dont les feuilles ne tombent point. C’est l’ouvrage du Très Haut ; il a mis le cadet à la place de l’aîné ; il n’y a que Ven vang, dont le cœur sache aimer ses frères : il fait tout leur bonheur et toute leur gloire ; le Seigneur l’a comblé de ses biens, et lui a donné tout l’univers pour récompense.

Le Seigneur pénètre dans le cœur de Ven vang (3) et il y trouve une vertu secrète et inexplicable, dont l’odeur se répand partout. C’est un merveilleux assemblage de ses dons les plus précieux : l’intelligence pour régler tout ; la sagesse pour éclairer tout ; la science, pour enseigner ; le conseil, pour gouverner ; la piété et la douceur, pour se faire aimer ; la force et la majesté, pour se faire craindre ; une grâce enfin et un charme qui lui attire tous les cœurs : vertus toujours les mêmes, et incapables de changer. C’est comme un apanage qu’il a reçu du Très Haut ; c’est un bonheur qu’il a répandu sur sa postérité.

Le Seigneur a dit à Ven vang : Quand le cœur n’est pas droit, les désirs ne sont pas réglés, et on n’est pas propre pour sauver l’univers. Vous êtes parfaitement incapable de ces défauts. Montez donc le premier sur la montagne, afin d’attirer tout le monde après vous. Voilà des rebelles qui n’obéissent pas à leur souverain : se croyant au-dessus des hommes, ils les tyrannisent ; armez-vous de ma colère, déployez vos étendards, rangez vos troupes, remettez partout la paix, et fixez le bonheur de votre empire, et répondez à ce que l’univers attend de vous.

Aussitôt Ven vang, sans quitter sa cour, monte sur le haut de la montagne. Rentrez, dans vos cavernes, esprits rebelles ; c’est ici la montagne du Seigneur ; vous ne pouvez y être admis. Ces vives sources sont les eaux pures, où les sujets de Ven vang se désaltèrent ; ces plaisirs ne sont pas pour vous.Ven vang a choisi cette montagne : il a ouvert lui-même ces clairs ruisseaux ; c’est là que tous les peuples fidèles doivent venir ; c’est là que tous les rois doivent se rendre.

Le Seigneur a dit à Ven vang (4) : j’aime une vertu pure et simple comme la vôtre : elle ne fait pas grand bruit ; elle n’a pas grand éclat au-dehors, elle n’est point empressée, elle n’est point fière ; on dirait que vous n’avez d’esprit et de lumières, que pour vous conformer à mes ordres ; vous connaissez votre ennemi, unissez contre lui toutes vos forces, préparez vos machines de guerre : attelez vos chars, allez détruire le tyran ; chassez-le du trône qu’il usurpe ; chariots armés, ne vous pressez pas ; murs élevés, ne craignez rien : Ven vangn’est pas précipité dans sa marche : sa colère ne respire que la paix : il prend le Ciel à témoin de la bonté de son cœur : il voudrait qu’on se rendît sans combat, et il est prêt de pardonner aux plus coupables. Bien loin qu’une si grande douceur lui attire aucun mépris, jamais il ne parut plus digne d’être aimé. Mais si l’on ne se rend pas à tant de charmes, ses chariots arrivent avec grand bruit : le tyran se confie vainement dans la hauteur et la force de ses murailles : Ven vang l’attaque ; il le combat ; il en triomphe ; il détruit son cruel empire, et bien loin qu’une telle justice le rende odieux, jamais l’univers ne fut plus disposé à se ranger sous ses lois.


(1) Tout ceci doit s’entendre allégoriquement, selon le style de la poésie antique. Le Chi king est plein d’endroits semblables.

(2) Le caractère poei veut dire, compagnon, égal. On le prend quelquefois pour époux et épouse. Les interprètes ont cru qu’on parlait ici de l’épouse que le Ciel destinait à Ven vang, et que le Chi king appelle ailleurs Tien poei, sœur du Ciel.

(3) On lit dans le texte vang ti ; mais les meilleurs interprètes conviennent que c’est une faute, et qu’il faut lire Ven vang, parce que tout ce qu’on dit en cet endroit, ne peut convenir à un autre qu’à Ven vang.

(4) Voici de belles paroles d’un disciple et d’un commentateur de Tchu hi. Cet homme admirable, dit-il, est complaisant, et doux ; il est humble et toujours prêt à céder : on dirait à l’entendre, qu’il ne sait rien, et qu’il n’est capable de rien. Quand un cœur est ainsi disposé, de quelles richesses ne peut-il pas se remplir ! C’est pourquoi la vertu la plus élevée et la plus éclatante est fondée sur ce fondement solide et inébranlable de l’humilité ; et il n’y a point d’homme plus éclairé, que celui qui se croit sincèrement le plus borné dans ses lumières.

3.
Ein Lobgedicht auf eben denselben.

Derjenige, der allein ein König und der höchste Beherscher ist, läßt sich in seiner Majestät so weit herab, daß er sich um uns auf Erden bekümmert. Er sorget beständig für das wahre Heil der Welt, und seine Blicke beschauen den ganzen Erdboden. Er siehet insonderheit zwey Völker, die sein Gesetz verlassen haben, und der Allerhöchste verlässet sie doch nicht. Er prüfet sie und wartet auf sie. Er suchet allenthalben einen Mann nach seinem Herzen, und will sein Reich immer weiter ausbreiten. In dieser Absicht sind seine Augen gegen den Abend gerichtet. Daselbst will er wohnen, und mit dem neuen Könige regieren.

Er rottet zuförderst (1) alle böse Kräuter aus, und befördert das Wachsthum der Frommen. Er beschneidet die Bäume, und setzet sie in eine weise Ordnung. Er vertilget das unnütze Gesträuche, und bauet die Maulbeerbäume. Der HERR will den Menschen zu ihrer vorigen Tugend verhelfen. Alle ihre Feinde sollen vor ihnen fliehen. Niemals in [ist] ein Wille unumschränkter gewesen.

Der HERR schauet auf diesen heiligen Berg. Er ist eine Wohnung des Friedes; daher wächset auch auf demselben kein Holz, daraus man Waffen zubereitet. Es ist ein ewiges Reich; daher findet man Bäume darauf, deren Blätter nicht abfallen. Es ist ein Werk des Allerhöchsten. Er hat den Jüngern an die Stelle des Aeltern erhoben. Er ist ihr Glück und Ehre. Der HERR hat ihn mit seinen Gütern erfüllet, und ihm die Beherschung der Welt zum Lohn gegeben.

Der HERR schauet in das Herz des Ven vang (2), und findet daselbst eine geheime und unauflösliche Tugend, deren Geruch sich allenthalben ausbreitet. Er ist ein wundernswürdiger Sammelplatz seiner unschätzbarsten Gaben. Eine Vernunft, die alles ordentlich einrichtet. Eine Weisheit, die alles durchschauet. Eine Wissenschaft, die alles lehret. Ein kluger Rath, wohl zu regieren. Gottesfurcht und Leutseligkeit, sich liebenswürdig zu machen. Kraft und Majestät, sich Furcht zuwege zu bringen. Eine Gnade und eine Reizung, die alle Herzen an sich ziehet. Tugenden, die sich selbst immer gleich, und keines Wechsels fähig sind. Das ist die Ausstattung, die er von dem Allerhöchsten empfangen. Das ist ein Glück, das er auf seine Nachkommen fortgeerbet hat.

Der HERR hat zu Ven vang gesaget: Wenn das Herz nicht aufrichtig ist, und die Begierden nicht in gehöriger Ordnung gehalten werden; so ist man nicht im Stande, der Welt Bestes zu befördern. Dieser Fehler bist du ganz und gar nicht fähig. Steige demnach zuerst auf diesen Berg, und ziehe alle Welt dir nach. Siehe hier sind Rebellen, die ihrem Herrn nicht unterthänig seyn wollen. Sie bilden sich ein, mehr als Menschen zu seyn, und herschen über ihre Unterthanen tyrannisch. Wafne dich mit meinem Zorn; breite deine Fahnen aus, stelle deine Heere in Schlachtordnung, verschaffe allenthalben Friede, bevestige das Wohlergehen deines Reichs, und erfülle das Verlangen der Welt.

Alsbald stieg Ven vang, ohne seinen Hof zu verlassen, auf diesen hohen Berg. Verkriechet euch, ihr Aufrührer gegen den Himmel, verkriechet euch in eure Höhlen. Das ist ein Berg des HERRN, dazu könt ihr nicht gelassen werden. Diese lebendigen Quellen geben ein reines Wasser, damit die Unterthanen des Ven vang ihren Durst stillen. Diese Erquickungen schicken sich nicht für euch. Ven vang hat diesen Berg erwählet; er hat selbst diese reinen Quellen geöfnet. Hierher sollen alle getreue Unterthanen kommen; alle Könige sollen sich hierher wenden.

Der Herr hat zu Ven vang gesaget (3): Ich liebe eine reine und lautere Tugend, wie die deinige ist. Sie machet kein groß Geräusch; sie hat von aussen kein prächtiges Ansehen; sie will nicht gerne gesehen seyn, und gefält sich selbst nicht wohl. Man kan sagen, daß du deinen Verstand und Weisheit zu sonst nichts, als zum Gehorsam gegen meine Befehle anwendest. Du kennest deine Feinde; vereinige gegen sie alle deine Kräfte; mache dir Kriegesrüstungen; spanne deine Wagen an, und stürze die Tyrannen. Stosse die Ungerechten und Cronenräuber vom Thron. Ihr Rüstwagen, dränget euch nicht; ihr erhabenen Mauren, fürchtet euch nicht. Ven vang übereilet seinen Feldzug nicht. Sein Zorn redet von lauter Friede. Er nimt den Himmel zum Zeugen von der guten Gesinnung seines Herzens. Er siehets gerne, wenn man sich ihm ohne Schwerdtschlag ergiebt; er ist geneigt, auch den Boshaftesten zu vergeben. Seine grosse Sanftmuth bringt ihm keine Verachtung; er ist vielmehr niemals liebenswürdiger. Folgt man aber seinen gelinden Aufforderungen nicht, so brechen seine Wagen mit lauter Schrecken ein. Die Tyrannen verlassen sich umsonst auf ihre Wagen und hohe Mauren. Ven vang greift sie an, er schläget sie, er überwindet sie, er zerstöret das grausame Reich. Es ist so ferne, daß ihn eine solche Gerechtigkeit verhast machen solte, daß vielmehr die Welt nie williger gewesen, sich seinen Befehlen zu unterwerfen.


(1) Ven vang war nach dem Bericht der Ausleger und Geschichtschreiber der Vater des Vou vang, mit dem sich die dritte Dynastie der Käyser angefangen. Ven vang heisset so viel als ein König des Friedes.

(2) Es muß dieses alles allegorisch verstanden werden, nach der Schreibart der alten Poeten. Das Buch Chi king ist mit dergleichen Redensarten stark angefüllet.

(3) Wir führen hierbey die Worte eines Schülers und Auslegers des Tchu hi an: Dieser wundernswürdige Mann ist gefällig und leutselig; er ist demüthig, und weichet jederman gern. Wenn man ihn höret, so solte man meinen, daß er nichts wisse, und zu nichts fähig sey. Wenn ein Herz so beschaffen ist, mit was für Reichthümern kan es nicht erfüllet werden? Daher ist die Demuth der herlichste und unbeweglichste Grund der Tugend. Und es ist kein Mensch erleuchteter, als derjenige, der warhaftig glaubet, daß seine Einsichten sehr eingeschränket sind.

QUATRIÈME ODE
Conseils donnés à un roi.

Un extérieur grave et majestueux est comme le palais où réside la vertu ; mais on le dit, et il est vrai : aujourd’hui les plus ignorants en savent assez pour voir les défauts d’autrui, et les plus éclairés ne sont aveugles que sur leurs défauts propres.

Celui qui n’exige rien de personne au-dessus de ses forces, peut enseigner l’univers, et le vrai sage fait ce qu’il veut du cœur des hommes. Ne formez point de dessein où il entre le moindre intérêt : donnez de si bons ordres, que vous ne soyez pas obligé de les changer : ayez un certain air de probité et de vertu, qui réponde de ces deux points, afin de servir de modèle à tout le peuple.

Mais hélas ! ces sages leçons ne sont plus d’usage : tout est renversé, on est comme enseveli dans une ivresse honteuse, et parce que l’ivresse plaît, on ne pense plus au bon ordre, on n’étudie plus les maximes des anciens rois, pour faire revivre leurs sages lois.
L’auguste Ciel, dites-vous, ne vous protège plus ; mais il n’aime que ceux qui sont déclarés pour la vertu ; vous êtes au milieu du courant, craignez qu’il ne vous entraîne. Veillez sans cesse sur les moindres choses, en observant exactement l’heure du lever et du coucher, et en prenant soin que votre maison soit toujours propre : vous rendrez le peuple diligent à votre exemple en tenant vos chars et vos chevaux, vos soldats, et vos armes en bon état, vous éviterez la guerre, et écarterez les barbares.

Perfectionnez votre peuple, et observez le premier les lois que vous lui donnez, vous vous épargnerez par là bien des chagrins. Surtout pesez mûrement vos ordres, et ayez un soin extrême de votre extérieur ; alors tout sera paisible, tout sera bien. On peut ôter une tache d’un diamant, à force de le polir : mais si vos paroles ont le moindre défaut, il n’y a pas moyen de l’effacer.

Ne parlez donc jamais qu’avec grande réserve, et ne dites pas : ce n’est qu’un mot. Songez qu’on ne peut retenir votre langue ; et que si vous ne la retenez vous-même, vous ferez mille fautes. Les paroles pleines de sagesse sont comme la vertu, cela ne demeure point sans récompense : par elle vous assistez vos amis, et tous les peuples qui sont vos enfants, deviennent vertueux, en suivant d’âge en âge vos maximes.

Lorsque vous êtes avec de sages amis, composez-vous tellement, qu’on ne voie rien dans toute votre personne que de doux et d’aimable : dans votre domestique, qu’il ne vous échappe rien de déréglé. Enfin, quand vous êtes seul dans le lieu le plus secret de votre logis, ne vous permettez rien de honteux ; ne dites pas : personne ne me voit (1) : car il y a un esprit intelligent qui voit tout : il vient lorsqu’on y pense le moins, et c’est ce qui doit nous tenir dans une attention continuelle sur nous-mêmes.

Votre vertu ne doit pas être commune, il faut arriver à la plus haute perfection. Réglez si bien tous vos mouvements, que vous ne vous détourniez jamais du chemin le plus droit : ne passez point les bornes que la vertu vous prescrit, et fuyez tout ce qui pourrait la blesser. Proposez-vous à tout le monde comme un modèle, qu’il puisse imiter sans crainte. On rend, dit le proverbe, une poire pour une pêche. Vous ne recueillerez que ce que vous aurez semé. Vous dire le contraire, c’est vous tromper : c’est, comme on dit, chercher des cornes au front d’un agneau naissant.

Une branche d’arbre, qui est simple et pliante, prend toutes les formes qu’on lui donne ; un homme sage possède l’humilité, fondement solide de toutes les vertus. Parlez-lui des belles maximes de l’antiquité, il s’y soumet incontinent, et tâche de les mettre en pratique. Au contraire l’insensé s’imagine qu’on le trompe, et ne veut rien croire. Chacun suit ainsi son penchant.

O mon fils, vous ignorez, dites-vous, le bien et le mal : ce n’est pas en vous tirant par force, que je veux vous conduire à la vraie vertu ; mais c’est en vous donnant des preuves sensibles de tout ce que je vous dis ; ce n’est pas en écoutant simplement mes leçons, que vous deviendrez sage ; c’est en les pratiquant de tout votre cœur. Reconnaître, comme vous faites, votre incapacité, c’est une excellente disposition pour être bientôt en état d’instruire les autres ; car du moment qu’on n’est plus rempli de soi-même, ni enflé d’un vain orgueil, ce qu’on apprend le matin, on le met en exécution avant la fin du jour.

Le Tien (2) suprême distingue clairement le bien et le mal : il hait les superbes, et chérit les humbles ; il n’y a pas un seul instant où je ne puisse offenser le Tien : le moyen donc d’avoir un moment de joie dans cette misérable vie ? Elle passe comme un songe, et la mort vient avant qu’on soit désenchanté. Voilà ce qui fait ma douleur. Je n’oublie rien pour vous instruire, et vous m’écoutez à peine. Bien loin d’aimer mes leçons, elles vous paraissent peut-être trop rudes. Vous dites que vous n’êtes pas dans la saison d’être si sage : mais si vous n’embrassez maintenant la vertu, comment y arriverez-vous dans une caduque vieillesse?

O ! mon fils, je ne vous prêche que les grandes maximes des anciens rois. Si vous écoutez mes conseils, vous n’aurez jamais aucun sujet de vous repentir. Le Ciel est en colère, vous craignez qu’il n’éclate contre vous et votre peuple ; vous avez dans les siècles passés de fameux exemples de sa conduite. Le Seigneur ne s’écarte jamais dans ses voies. Soyez bien persuadé que de ne pas entrer incessamment dans le chemin de la vertu, que je viens de vous ouvrir, c’est attirer sur vous et sur votre empire les plus grands malheurs.


(1) Voici comme parle Tchu hi : Il faut bien se persuader, dit-il, que le Seigneur des esprits et de toutes les choses invisibles est intimement répandu partout. Il vient sans qu’on s’aperçoive de sa présence, et quelque attention qu’on ait, il faut toujours craindre. Que ne doit-on donc point appréhender, quand on n’y pense seulement pas ! Tout cela veut dire qu’il ne suffit point de régler seulement tout ce qui paraît au-dehors ; mais qu’il faut surtout veiller continuellement sur les moindres mouvements de son intérieur.

(2) Le Ciel.

 

4.
Unterricht für einen König.

Ein äusserliches majestätisches Ansehen ist der Pallast, darin die Tugend eines Königs wohnet. Aber man sagts, und es ist auch wahr, daß heut zu Tage die Unwissensten so gelehrt sind, anderer ihre Fehler zu sehen, aber dabey so verblendet, daß sie ihre eigenen Fehler nicht erkennen. Derjenige, der von niemand was fordert, was über seine Kräfte ist, der kan die Welt lehren; und ein wahrer Weiser thut selbst dasjenige, was er von andern verlanget. Fasset nie einen Vorsatz, der mit dem geringsten Eigennutz beflecket ist. Gebet allemal solche überlegte Befehle, daß ihr nicht genöthiget werdet, etwas davon zu ändern. Lasset allenthalben Redlichkeit und Tugend aus eurem Thun hervorblicken, damit ihr in diesen beyden Stücken ein Muster der Welt werden könnet. Aber dergleichen Unterweisungen sind leider! nicht mehr im Gebrauch. Es ist alles umgekehrt, und unter einer schändlichen Trunkenheit begraben. Und weil man sich diese belieben lässet, so denket man nicht mehr an gute Ordnung, man machet sich die Reguln der alten Könige nicht mehr bekant, um ihre Gesetze aufrecht zu erhalten. Der höchste Himmel, saget ihr, beschützet euch nicht mehr; wisset ihr aber nicht, daß er diejenigen liebet, die der Tugend zugethan sind. Ihr seyd jetzo mitten im Strom, sehet zu, daß ihr nicht hingerissen werdet. Merket ohne Unterlaß auf alle Kleinigkeiten; stehet zu rechter Zeit auf, und legt euch zu gesetzter Zeit nieder. Lasset es in eurem Hause ordentlich zugehen. Ihr werdet durch euer Exempel eure Unterthanen fleißig und ordentlich machen, wenn eure Wagen, Pferde, Soldaten und Waffen in gutem Stande sind. Ihr werdet dem Kriege zuvor kommen, und euch die Barbaren vom Leibe halten. Macht eure Unterthanen volkommener, und beobachtet die Gesetze zuerst, die ihr ihnen vorleget; dadurch werdet ihr vielem Verdruß entgehen. Insonderheit überleget eure Befehle recht reiflich, und haltet euch äusserlich wohl; alsdann wird alles gut und ordentlich stehen. Man kan einem Diamant durch fleißiges Reiben die Flecken abwischen; aber wenn eure Worte den geringsten Fehler an sich haben, so kan derselbe nicht abgewischet werden. Redet daher nie ohne grossen Vorbedacht, und sagt niemals: wars doch nur ein Wort. Bedenket wohl, daß andere eure Zunge nicht halten können; wenn ihr sie daher nicht selbst haltet, so werdet ihr tausend Fehler begehen. Worte voll Weisheit sind wie die Tugend, sie bleiben nicht ohne Belohnung. Dadurch stehet ihr euren Freunden bey, und die Unterthanen, die eure Kinder sind, werden tugendhaft, wenn sie von einem Geschlecht zum andern euren Lehren folgen.

Wenn ihr euch unter weisen Freunden befindet, so verhaltet euch dergestalt, daß man an eurer Person nichts als lauter Liebenswürdiges finde. Lasset auch in eurem Hause nichts unordentliches offenbar werden. Wenn ihr auch in dem verborgensten Zimmer eures Hauses ganz alleine seyd, so gestattet euch selbst nie was unanständiges. Sagt nicht: Siehts doch niemand. Denn es ist über euch ein verständiges Wesen (1), das alles siehet. Es ist bey uns, wenn wirs am wenigsten glauben: und das muß uns in einer beständigen Aufmerksamkeit über uns selbst erhalten. Eure Tugend muß nicht was gemeines seyn, sondern ihr müsset nach der besten Volkommenheit streben. Richtet alle eure Bewegungen ordentlich ein, damit ihr nicht des rechten Weges verfehlet. Ueberschreitet nie die Gränzen, die euch von der Tugend vorgeschrieben sind; vermeidet alles, was sie beleidigen kan. Suchet ein Muster der ganzen Welt zu werden, das sie ohne Bedenken nachahmen könne. Man giebt, sagt man im Sprichwort, für eine Pfirsiche wol eine Birn. Ihr könnet aber nichts anders erndten, als was ihr gesäet habt. Wer euch das Gegentheil sagt, der betrüget euch. Das heisset, nach dem Sprichwort, Hörner an der Stirn eines jungen Lammes suchen. Ein weiches und zartes Blat nimt allerley Gestalten an; und ein weiser Mann besitzet die Demuth als den Grund aller Tugenden. Redet ihr mit ihm von den Weisheitsreguln der Alten, so wird er dieselben unverzüglich annehmen, und sie auszuüben trachten. Der Unverständige aber meinet, daß man ihn betriege, und will nichts glauben. Ein jeder folget seinen Neigungen.

O mein Sohn! Ihr wisset nicht, wie ihr saget, was gut und böse ist. Ich will euch nicht mit Gewalt zur Tugend reissen; sondern ich will euch die deutlichsten Beweise von dem vorlegen was ich euch sage. Ihr werdet dadurch nicht weise, wenn ihr nur höret, was ich euch sage; sondern wenn ihrs auch von Herzen ausübet. Daß ihr, wie ihr wirklich thut, eure Untüchtigkeit erkennet, das ist ein Merkmal, daß ihr bald in den Stand kommen könnet, andere zu lehren. Denn so bald man die Einbildungen von sich selbst und dem aufgeblasenen Hochmuth abgeleget hat, so ist man auch im Stande, das, was man des Morgens gelernet, noch vor Untergang der Sonnen auszuüben.

Der höchste Himmel unterscheidet das Gute und Böse volkommen. Er hasset die Stolzen und hat Wohlgefallen an den Demüthigen. Man kan denselben alle Augenblicke beleidigen und erzürnen. Wie kan man denn nun in diesem elenden Leben einer wahren Freude theilhaftig werden? Es gehet eilend vorbey, und der Todt komt, ehe man recht aus dem Traum erwachet. Und dieses verursachet mir allerley Schmerzen. Ich unterlasse nichts, euch zu unterweisen, und ihr höret mich kaum. Ihr sagt, daß ihr nicht in der Fassung wäret, ein solcher Weiser zu werden; aber wenn ihr jetzo nicht die Tugend ergreifet, wie wolt ihr euch denn dieselbe in eurem hinfälligen Alter zu eigen machen.

O mein Sohn! Ich predige euch nichts anders als die Grundreguln der alten Könige. Folget ihr meinem Rath, so werdet ihrs euch nimmermehr gereuen lassen dürfen. Der Himmel ist erzürnet, und ihr fürchtet, daß sein Zorn wider euch und wider sein Volk ausbreche. Ihr habt in den abgewichenen Zeiten genung schreckhafte Exempel seines Verhaltens. Der HERR des Himmels gehet nie von seinen Wegen ab. Glaubet sicherlich, wo ihr nicht bey Zeiten den Weg der Tugend betretet, den ich euch gezeiget habe, daß ihr euch und eurem ganzen Reich das gröste Unglück zuziehen werdet.


(1) Im Tchu hi heissets davon also: Man muß sich davon recht überzeugen, daß der HERR der Geister und aller unsichtbaren Dinge allenthalben gegenwärtig sey. Er komt, ohne daß man seine Gegenwart merket, und man hat sich allemal zu fürchten, so aufmerksam man auch über sich selber ist. Was wird man nicht zu besorgen haben, wenn man sich selbst vergist! Dieses alles will so viel sagen, daß man nicht allein äusserlich ordentlich wandeln soll, sondern daß man auch auf die geringsten Bewegungen seines Herzens merken müsse.

CINQUIÈME ODE
Sur la perte du genre humain.

Je lève les yeux vers le Ciel, il paraît comme de bronze. Nos malheurs durent depuis longtemps ; le monde est perdu ; le crime se répand comme un poison fatal ; les filets du péché sont tendus de toutes parts et l’on ne voit point d’apparence de guérison.
Nous avions d’heureux champs, la femme nous les a ravis. Tout nous était soumis, la femme nous a jeté dans l’esclavage. Ce qu’elle hait, c’est l’innocence et ce qu’elle aime, c’est le crime.
Le mari sage élève l’enceinte des murs mais la femme qui veut tout savoir, les renverse. O ! qu’elle est éclairée ! c’est un oiseau, dont le cri est funeste ; elle a eu trop de langue, c’est l’échelle par où sont descendus tous nos maux. Notre perte ne vient point du Ciel, c’est la femme qui en est cause. Tous ceux qui n’écoutent point les leçons de la sagesse, sont semblables à cette malheureuse.
Elle a perdu le genre humain : ce fut d’abord une erreur, et puis un crime : elle ne se reconnaît seulement pas, et dit: qu’ai-je fait? l’homme sage ne doit point s’exposer (1) aux périls du commerce ni la femme se mêler d’autre chose, que de coudre et de filer.
D’où vient que le Ciel vous afflige ? Pourquoi les esprits célestes ne vous assistent-ils plus? C’est que vous vous êtes livré à celui que vous deviez fuir, et que vous m’avez quitté, moi que vous deviez uniquement aimer : toutes sortes de maux vous accablent ; il n’y a plus aucun vestige de gravité et de pudeur. L’homme s’est perdu, et l’univers est sur le point de sa ruine.
Le Ciel jette ses filets, ils sont répandus partout ; l’homme est perdu : voilà ce qui m’afflige. Le Ciel tend ses filets, ils ne sont pas loin ; c’en est fait, l’homme est perdu : voilà ce qui fait toute ma tristesse.
Ce ruisseau si profond a une source, d’où il est sorti ; ma douleur lui ressemble : elle est profonde, et elle vient de bien loin. Il n’a plus ce qu’ilpossédait (2) avant sa chute, et il a enveloppé tous ses enfants dans son malheur. O Ciel ! vous pouvez seul y apporter remède: effacez la tache du père, et sauvez la postérité.


(1) Le texte est presque inintelligible en cet endroit, de l’aveu même des interprètes. Ainsi on ne voudrait pas garantir cette traduction. Peut-être que le texte est corrompu : peut-être cache-t-il quelqu’autre sens qu’on n’a pu découvrir.

(2) Bien que le Ciel, dit Tchu hi, soit tellement élevé au-dessus de nous, qu’il semble que ce bas monde soit indigne de ses soins ; cependant ses voies et ses desseins sont impénétrables : il peut fortifier la faiblesse même, et rétablir l’ordre, lors même que tout paraît perdu. Si Yeou vang voulait changer, et devenir un homme nouveau, le Ciel suspendrait son arrêt, et la postérité de ce malheureux n’aurait pas été tout à fait perdue.

5.
Ode über das Verderben des menschlichen Geschlechtes.

Ich hebe meine Augen auf zum Himmel, aber er scheinet eisern zu seyn. Unser Unglück dauret sehr lange: die Welt ist verderbet. Die Sünde breitet ihr tödtliches Gift allenthalben aus. Die Falstricke der Sünde sind auf allen Seiten ausgebreitet, und man findet nicht einmal einen Schein der Genesung. Wir bewohneten eine glückselige Gegend; aber ein Weib hat uns drum gebracht. Es war uns alles unterthan; ein Weib aber hat uns in die Sclaverey gestürzet. Sie hasset die Unschuld, und liebet dagegen das Laster. Der weise Mann zog eine Mauer drum her; aber das Weib, welches alles wissen wolte, riß sie nieder. O wie vernünftig ist sie nun! Sie ist gleich einnem Vogel, dessen Geschrey den Todt verkündiget. Sie hat zu viel geredet, und das ist die Stufe zu unserm Unglück gewesen. Unser Verderben komt nicht vom Himmel; ein Weib hat dasselbige verursachet. Alle diejenigen, die der Weisheit Stimme nicht hören, sind dieser unglückseligen gleich. Sie hat das ganze menschliche Geschlecht verderbet. Anfänglich wars ein Irthum, nun ists aber ein Laster. Woher komts, daß uns der Himmel plaget und betrübet? Warum stehen euch die himlischen Geister nicht mehr bey? Darum, weil ihr euch dem überlassen habt, den ihr hättet sollen meiden. Es komt allerhand Unglück über euch; es ist keine Ernsthaftigkeit und Zucht übrig geblieben. Der Mensch ist verderbet, und die ganze Welt ist ihrem völligen Verderben nahe. Der Himmel stricket Netze, und breitet sie allenthalben aus. Der Mensch ist verderbet, das ist es, was mich am meisten betrübet. Der Himmel leget seine Netze vor; es ist um den Menschen geschehen; das ist die Ursache meiner Traurigkeit. Dieser tiefe Strom hat eine Quelle daraus er entstanden. Ihm ist meine Traurigkeit gleich; sie ist tief, und hat einen weiten Ursprung; der Mensch hat nicht mehr, was er vor dem Fall besessen (1), und hat alle seine Kinder in sein Unglück verstricket. O Himmel! Du kanst allein dagegen helfen. Lösche den Flecken des Vaters aus, und errette seine Nachkommen.


(1) Obgleich der Himmel, sagt hiebey Tchu hi, so weit über uns ist, daß es scheinen möchte, als ob diese Unterwelt seiner Sorgfalt ganz unwürdig wäre; so sind doch seine Wege ganz unausforschlich. Er kan die Schwachheit selbst unterstützen, und die Ordnung wieder herstellen, obgleich alles verloren zu seyn scheinet. Wenn Yeou vang sich wolte bessern und ein neuer Mensch werden, so würde der Himmel seinen Schluß ändern, und die Nachkommenschaft würde nicht ganz verloren seyn.

SIXIÈME ODE
Lamentations sur les misères du genre humain.

Qu’il (1) tombe tant de grêle dans cette saison, c’est un prodige. La douleur blesse mon âme, quand je vois les désordres des pécheurs. Peuvent-ils aller plus loin ? Regardez le triste état où je suis réduit : ma douleur croît à chaque instant. Ayez quelque égard aux soins que je me donne : la tristesse me tue, et je suis obligé de la cacher.

J’ai reçu la vie de mes parents : ne me l’ont-ils donnée, que pour que je fusse accablé de tant de maux ? Je ne puis ni avancer ni reculer. Les hommes exercent leurs langues à se flatter, ou à se détruire et quand j’en parais affligé, je suis l’objet de leurs railleries.
J’ai le cœur rempli d’amertume en voyant une telle misère; les plus innocents sont le plus à plaindre: d’où peuvent-ils espérer du secours? Où vont s’arrêter ces corbeaux? Qui sont ceux qui doivent leur servir de proie?

Voyez cette grande forêt : elle n’est pleine que de bois propre à être jeté au feu. Le peuple accablé de tant de maux regarde le Ciel (2), et semble douter de la Providence. Mais quand l’heure d’exécuter ses arrêts sera venue, nul ne pourra s’y opposer. C’est l’Etre suprême, c’est le seul souverain : quand il punit, il est juste, et on ne peut l’accuser d’agir par haine.
Mais les impies regardent comme bas ce qui est haut, et comme haut ce qui est bas. Quand donc finiront leurs excès ? Ils appellent les sages vieillards, et ils leur disent en riant: expliquez-nous vos songes. Ils sont couverts de péchés, et ils se croient être sans reproche. Parmi les corbeaux comment distinguer le mâle de la femelle?

Quand je pense au maître de l’univers, à sa grandeur et à sa justice, je m’abaisse devant lui, et je tremble qu’il ne me reprenne. Cependant toutes mes paroles partent du fond de mon cœur, et sont conformes à la raison. Les méchants ont des langues de serpent pour déchirer les gens de bien, et ils sont tranquilles.

Voyez cette vaste campagne: elle n’est remplie que de mauvaises herbes qui sortent de son sein. Le Ciel paraît se jouer de moi, comme si je n’étais rien ; et il exige un compte exact, comme si j’avais encore quelque chose exposée à la rage de mes ennemis. Ai-je la force de m’en délivrer?

Mon cœur est plongé dans la tristesse : il est étroitement serré par la douleur. D’où viennent donc tous les désordres qui naissent aujourd’hui? L’incendie va toujours croissant, et il est impossible de l’éteindre. Ah! malheureuse Pao sseë (3), c’est toi qui as allumé le feu qui nous consume.

Songez sans cesse à votre dernière heure. Le chemin où vous marchez est obscur, il est glissant, il est dangereux. Vous traînez un char richement chargé : que faites-vous ? Hélas vous brisez les deux côtés de ce chariot, vous laissez périr toutes vos richesses et quand tout est perdu, vous criez au secours.

Ne brisez point les côtés du char ; ayez grand soin de ses roues ; veillez sur vos gens ; ne laissez pas périr un si précieux trésor ; ne vous exposez point dans les endroits où il y a du péril. Mais hélas ! Je parle en vain ; on ne pense pas seulement à ce que je dis.
Les méchants croient être bien cachés : mais c’est comme les poissons qu’on tient en prison dans un étang : ils ont beau s’enfoncer dans l’eau, on les voit tels qu’ils sont de dessus le rivage ; mon affliction est extrême à la vue de leur misère.

Ils passent leurs jours dans la joie ; ils se font servir des vins exquis et des mets délicats ; leurs festins ne finissent point ; ils assemblent des compagnons de leurs débauches ; ils ne parlent que de noces et de plaisirs. Considérez que je suis demeuré seul, et que je suis contraint de cacher jusqu’à mes larmes.

Les plus petits vers ont leurs trous : les plus vils insectes trouvent leur nourriture ; et le peuple meurt aujourd’hui de faim et de misère. O Ciel ! qui nous envoyez justement tous ces maux, voyez comme les méchants sont dans l’abondance, et prenez pitié des justes, qui sont dans une nécessité extrême.


(1) Il y a dans la poésie ancienne mille endroits, comme le début de cette ode, et comme le commencement de la quatrième et de la septième stance. Le style en est plus noble et plus poétique : c’est le goût dans lequel tout le Chi king a été fait ; et ce goût dure même encore aujourd’hui.

(2) Tchu song tching, un des descendants de Tchu hi parle en cet endroit d’une manière très claire. Rendre heureux les bons, dit-il, et punir sévèrement les méchants, c’est la règle constante que le Ciel observe. Que si l’on ne voit pas toujours en ce monde les gens de bien récompensés, et les méchants punis, c’est que l’heure décisive de leur sort n’est pas venue. Avant ce dernier moment l’homme peut, pour ainsi dire, vaincre le Ciel. Mais quand l’arrêt sera une fois porté, le Ciel certainement triomphera de tout. Tel qui est aujourd’hui puni, peut demain être récompensé : et tel qui aujourd’hui reçoit des récompenses, peut dès demain recevoir des châtiments. Quand le Ciel châtie, on dirait qu’il est en colère : mais il est de la justice de punir le crime ; et la justice ne vient point de colère et de haine : Que s’il ne punit pas sur-le-champ des gens qu’il doit punir un jour, ce n’est point non plus par une molle complaisance pour eux : c’est que le dernier arrêt n’est pas encore porté ; et le Ciel ne veut pas que nous sachions quand ce moment fatal doit arriver, afin de nous obliger à veiller sans cesse.

(3) Les Chinois qui regardent depuis longtemps ces livres-ci, comme autant de monuments de ce qui s’est passé au commencement de cet empire, veulent que cette malheureuse Pao sseë, soit la femme d’Yeou vang, c’est-à-dire, roi plongé dans les ténèbres. Voici ce qu’en dit Tchu fong tching : ce n’est pas Tching tang, dit-il, qui a perdu le tyran Kié, c’est Moey son indigne épouse, qui fut la véritable cause de sa perte. Ce n’est point Vou vang qui a détrôné le cruel Tcheou ; c’est Ta kia sa femme qui a causé sa ruine. Ce n’est point le petit roi de Chin, ni les barbares d’occident, qui ont fait périr l’aveugle Yeou vang : c’est Pao sseë, qui l’a précipité dans un si grand malheur. Mais hélas ! s’il eut une Pao sseë pour le perdre, il n’eut point ni de Tching tang, ni de Vou vang, pour lui succéder. Ce peu de mots renferme tout ce qu’on sait en substance des trois fameuses familles.

6.
Eine andere Klage über das menschliche Elend.

Da zu der gegenwärtigen Jahrszeit so vieler Hagel fält, so siehet man es billig als etwas ausserordentliches an. Ein Schmerz durchdringet meine Seele, wenn ich die Unordnungen der Sünder betrachte. Können sie auch wol weiter gehen? Betrachtet doch den betrübten Zustand, darin ich mich befinde. Mein Schmerz nimt täglich und stündlich zu. Erweget, wie sehr ich mich darüber gräme; die Traurigkeit tödtet mich, und ich muß mich verbergen.

Das Leben habe ich von meinen Eltern empfangen. Aber haben sie mir es nur darum ertheilet, auf daß ich unglücklich und elend würde? Ich kan weder vorwärts noch hinterwärts kommen. Die Menschen brauchen ihre Zungen, sich entweder was vorzuheucheln, oder Schaden zu thun. Und wenn ich mich darüber betrübe, so werde ich von andern verspottet. Mein Herz ist voll Wehmuth und Traurigkeit, wenn ich ein solches Elend ansehe. Die unschuldigsten sind am meisten zu beklagen. Woher können sie Hülfe erwarten? Wo sollen sich diese Raben aufhalten? Wer soll ihnen zur Beute dienen?

Sehet an diesen grossen Wald; er ist nur mit solchen Bäumen erfüllet, die ins Feuer gehören. Das unter so vielen Trübsalen seufzende Volk schauet den Himmel an, und scheinet an seiner Vorsehung zu zweifeln (1). Wenn aber die Stunde seines Schlusses wird gekommen seyn, so wird sich niemand ihm widersetzen können. Er ist der Allerhöchste; wenn er straft, so ist er gerecht, und man kan ihn keines Hasses beschuldigen. Aber die Gottlosen sehen das Niedrige für hoch und das Hohe für niedrig an. Wenn sollen nun ihre Ausschweifungen einmal ein Ende haben? Sie nennen die Weisen alte Greise, und sagen lachend zu ihnen: Erkläret uns eure Träume. Sie sind ganz und gar mit Sünden überhäuft, und meinen doch unsträflich zu seyn. Wie unterscheidet man unter den Raben das weibliche und mänliche Geschlecht?

Wenn ich an den höchsten HERRN der Welt, an seine Majestät und Gerechtigkeit gedenke, so demüthige ich mich vor ihm, und fürchte, er werde mich hinreissen. Indes kommen alle meine Worte von Grund meines Herzens, und sind vernünftig. Die Gottlosen haben Ottern- und Schlangenzungen, die Frommen damit zu beschädigen, und bleiben dabey ganz ruhig und still.

Sehet an jenes weite Feld; es ist mit lauter schädlichen Kräutern angefüllet, die aus dessen Schoos hervorwachsen. Der Himmel scheinet mit mir zu spielen, als ob ich ein Nichts wäre; und er hält so genaue Rechenschaft, als ob ich der Wuth meiner Feinde etwas in den Weg geworfen hätte. Bin ich aber vermögend genung mich davon los zu machen?

Mein Herz ist ganz voll Traurigkeit, der Schmerz hat es recht vest verschlossen. Woher kommen doch die Unordnungen, die jetzo unter den Menschen herschen? Die Feuerflamme breitet sich immer weiter aus, und es ist unmöglich sie zu löschen. Ach! Unglückselige Pao ssee (2), du bist es, du hast das Feuer angezündet, das uns verzehret.

Gedenket ohn Unterlaß an eure letzte Stunde. Der Weg, darauf ihr wandelt, ist dunkel, schlüpfrig und gefährlich. Ihr ziehet an einem reich beladenen Wagen. Was wolt ihr thun? Ihr zerbrechet ihn auf beyden Seiten, und verlieret eure Reichthümer. Und wenn alles verloren seyn wird, alsdann werdet ihr um Hülfe rufen.

Zerbrechet ja diesen Wagen nicht auf beyden Seiten. Sehet fleißig auf die Räder desselben. Lasset einen so kostbaren Schatz nicht umkommen. Hütet euch vor den Oertern, wo es für euch gefährlich ist. Allein ich rede leider! vergeblich; man denkt nicht einmal an das, was ich sage. Die Gottlosen glauben verborgen zu seyn; aber sie sind gleich den Fischen, die man in einem Teich gefangen hält. Sie mögen sich so tief verstecken als sie wollen, man sieht und merkt sie doch am Ufer. O wie betrübt bin ich, wenn ich der Menschen Elend ansehe!

Sie bringen ihr Leben in Lustbarkeiten zu. Sie überhäufen sich mit Wein und mit den kostbarsten Speisen. Ihre Ergetzlichkeiten haben kein Ende. Sie lassen sich unter ihren Saufbrüdern fleißig finden. Sie reden nur von Hochzeiten und Schmausereyen. Bedenket, daß ich allein übrig blieben, und daß ich mich zwingen muß, meine Thränen zu verbergen.

Die kleinsten Würmer haben ihre Löcher; das heßlichste Ungeziefer findet seine Nahrung. Nur das Volk komt um im Elend und Hunger. O Himmel! der du uns alle diese Leiden nach deiner Gerechtigkeit zugeschicket hast; siehe wie die Gottlosen im Ueberfluß leben, und erbarme dich der Gerechten, die in der grösten Dürftigkeit stecken.


(1) Der Tchu fong ting, ein Nachkomling des Tchu hi, redet an diesem Orte sehr deutlich. Den Frommen wohl zu thun, schreibet er, und die Bösen ernstlich zu bestrafen, das ist die beständige Regul des Himmels. Findet man aber nicht allemal, daß die Frommen in dieser Welt  belohnet, und die Bösen bestrafet werden; so rührt es daher, weil die bestimte Stunde des Schicksals noch nicht erschienen. Ehe dieser letzte Augenblick komt, kan der Mensch so zu reden den Himmel überwinden. Aber wenn der letzte Spruch einmal wird geschehen seyn, so wird der Himmel gewiß den Sieg über alles erhalten. Derjenige, der heute Belohnungen erhält, kan morgen bestrafet werden, und wer jetzo gezüchtiget wird, soll alsdann belohnet werden. Wenn der Himmel strafet, solte man glauben, daß er zürne. Aber er beweiset darin seine Gerechtigkeit wenn er strafet; die Gerechtigkeit aber entstehet nicht aus Zorn und Haß. Strafet er die Leute nicht auf der Stelle, die er dereinst gewiß strafen wird, so geschiehet solches nicht aus einer niederträchtigen Gefälligkeit gegen sie; sondern weil das letzte Gericht noch nicht gekommen. Diesen Augenblick aber will uns der gerechte Himmel nicht wissen lassen, damit wir ohn Unterlaß wachen.

(2) Die Chineser, die seit undenklichen Zeiten diese Bücher als lauter Denkmale von dem betrachten, was bey der ersten Gründung dieses Reichs vorgefallen, geben vor, daß dieser Pao ssee das Weib des Yeou vang, das ist, des in die Finsterniß verstossenen Königs sey. Cchou fong tching erkläret sich also hierüber: Nicht Cching tang hat den gottlosen Tyrannen Rie verderbet; sondern sein Weib, die heillose Moey, ist die wahre Ursache seines Unglücks gewesen. Nicht Vou vang hat den grausamen Ccheau vom Thron gestossen, sondern Ca kia, sein Weib, ist die Ursache seines Fals gewesen. Nicht der kleine König Chin, auch nicht die Abendländischen Barbaren haben den verblendeten Reou vang gestürzet, sondern Pao ssee hat ihm das grosse Unglück zugezogen. Hat er aber eine Pao ssee gehabt, die ihn verderbet, so hat er doch leider keinen Cching tang oder Vou vang zum Nachfolger gehabt. Diese wenigen Worte fassen alles in sich, was man von den drey unglückseligsten Käyserlichen Familien weiß.

SEPTIÈME ODE
SUR LE MÊME SUJET. Exhortation.

Le Très Haut semble avoir changé sa clémence en fureur : le peuple est réduit au dernier malheur. Il n’y a plus de bonne foi dans les paroles. On ne pense plus à ce qui ne passe point. Les moins méchants, avec des vues très bornées, manquent encore de sincérité et de droiture. Voilà ce qui attire la colère du Seigneur, et ce qui m’oblige de vous en avertir.
Le Ciel paraît sourd à nos prières : il faut donc être saisi de crainte et de douleur. Le Ciel est en courroux : il faut donc s’examiner et s’amender sans délai. Que vos paroles soient pleines de douceur, afin de gagner le cœur des peuples ; mais qu’elles soient animées de force, afin d’arrêter la cause de ces maux.

Bien que mon emploi soit différent du vôtre, je suis cependant homme comme vous : je ne cherche qu’à répondre à vos plus justes désirs. Écoutez-moi donc attentivement : je ne vous dirai rien que d’important, ne le méprisez pas. Vous savez l’ancien proverbe, qui veut qu’on recueille avec soin les herbes les plus viles, et qu’on ramasse le bois, qui ne paraît bon qu’à brûler.

Le ciel est en courroux : ce serait le comble de la folie que de n’en faire aucun cas. Je vous parle dans toute la sincérité de mon cœur, et vous vous en moquez. Vous dites que je suis un vieillard trop timide, et vous demeurez tranquille au milieu du péril : mais à la fin le mal sera sans remède.

Le ciel est en courroux, et votre palais n’est rempli que de flatteurs. Il n’y a plus aucune gravité dans les mœurs, et les gens de bien sont contraints de se taire : le peuple se porte aux dernières bassesses et l’on n’ose découvrir la cause de tant de maux. Hélas tout se perd, et l’on n’écoute point les sages.

Le ciel pénètre dans le fond des cœurs, comme le jour dans une chambreobscure. Il faut tâcher de répondre à ses lumières, comme deux instruments de musique parfaitement d’accord. Il faut s’unir à lui comme deux tablettes qui paraissent n’en faire qu’une. Il faut recevoir ce qu’il donne, du moment qu’il ouvre la main pour donner. Ne dites pas que je vous parle en vain : rien n’est plus aisé au Ciel que de nous éclairer ; mais par nos passions déréglées nous lui fermons l’entrée de nos âmes.

Les sages du premier ordre, c’est comme l’enceinte qui nous environne. Les sages du second rang, c’est comme les murs qui nous défendent ; vos voisins sont comme une garde devant votre porte ; vos alliés sont comme le tronc qui vous sert d’appui ; et vos parents sont comme une forteresse, qui vous met en assurance. Mais il faut que votre cœur soit à la vertu sans réserve, si vous voulez conserver tous ces biens : car si vous négligez la sagesse, tous ces secours étrangers vous abandonneront, et vous demeurerez seul : Y a-t-il un état plus terrible?

Soyez donc saisi de crainte, en voyant la colère du Ciel toute prête à tomber sur vous. Ne vous laissez pas vaincre à la mollesse et aux plaisirs : tremblez que le Ciel ne vous abandonne, et ne vous échappez en rien. On dit, et il est vrai, que le Ciel est intelligent: soit que vous entriez ou que vous sortiez, il considère tous vos pas. On compare sa vue à la clarté du matin ; c’est qu’il éclaire jusqu’à vos plus petites démarches.

7.
Ode über die vorige Materie.

Der Allerhöchste scheinet seine Gnade in lauter Zorn verwandelt zu haben. Das Volk ist zum äussersten Unglück gebracht worden. Es ist keine Treue und Glaube mehr in ihren Worten. Man denket nur an lauter vergängliche Dinge. Auch den nicht alzugottlosen fehlet es an Aufrichtigkeit und Redlichkeit. Das bringet aber den Zorn GOTTES über die Menschen; woran ich sie erinnern muß. Der Himmel scheinet gegen unser Gebet taub zu seyn; darüber muß man sich billig betrüben. Der Himmel ist zornig; man muß sich daher prüfen und ohne Verzug bessern. Lasset eure Worte holdselig seyn, die Herzen der Menschen zu gewinnen; beweiset aber auch dabey den gehörigen Ernst, damit das Böse dadurch zurück gehalten werde.

Ist gleich mein äusserlicher Beruf von dem eurigen unterschieden, so bin ich doch so wol ein Mensch als ihr. Ich bemühe mich, euer gerechtes Verlangen zu erfüllen. Höret mich demnach aufmerksam. Ich werde euch wichtige Dinge vortragen, verachtet sie nicht. Ihr wisset das alte Sprichwort, daß man die schlechtesten Kräuter, und das Holz, so nur zum brennen dienet, samlen sol.

Der Himmel ist zornig; es würde also die äusserste Thorheit seyn, so man sich nichts daraus machen solte. Ich rede mit euch von Grunde meines Herzens; und ihr wollet dessen spotten? Ihr sagt, ich sey ein alter verzagter Mann, und ihr wolt bey der Gefahr sicher bleiben? Endlich wird dem Uebel gar nicht mehr zu helfen stehen.

Der Himmel ist zornig; und euer Pallast ist noch voll Schmeichler. Es ist keine Ernsthaftigkeit in euren Sitten, und die klugen Leute müssen jetzo schweigen. Das Volk verfält in die abgeschmacktesten Niederträchtigkeiten, und man will die Ursache dieses Unheils nicht entdecken. Es ist leider! fast alles verloren; und die Weisen werden nicht gehöret.

Der Himmel prüfet den innersten Grund der Herzen wie das Licht eine dunkele Cammer erleuchtet. Man muß sich bemühen, seiner Erkentniß so gemäs zu handeln, wie zwey musicalische Instrumente mit einander übereinstimmen. Man muß mit ihm so vereinigt seyn, wie zwey Cörper, die nur ein Ganzes vorstellen. Man muß annehmen, was er giebt, und so bald er nur seine Hand ausstrecket zu geben. Saget ja nicht, daß ich euch vergebliche Dinge sage; es ist dem Himmel nichts leichter als euch zu erleuchten. Nur unsere Leidenschaften hindern den Eingang desselben in unsere Seelen.

Die Weisen vom ersten Rang sind gleich den Mauren, die uns umgeben. Die Weisen vom andern Rang sind gleich einer Mauer die uns vertheidiget. Eure Nachbarn sind die Wache vor eurer Pforte. Eure Anverwandten der Pfeiler, darauf ihr ruhet; eure nächsten Freunde die Vestung, so euch schützet. Aber euer Herz muß tugendhaft seyn, wenn ihr diese Schätze erhalten wollet. Denn wo ihr die Weisheit nicht achtet, so werden euch alle Fremden alleine lasssen. Kan auch was schrecklichers seyn als dieses?

Fürchtet euch demnach, wenn ihr den Zorn GOTTES sehet, der dem Ausbruch nahe ist. Lasset euch nicht von den Wollüsten des Lebens hinreissen. Sorget dafür, daß euch der Himmel nicht verlasse, und euch nichts entfahre. Man sagts, und es ist auch wahr, daß der Himmel ein höchst weises Wesen sey. Ihr möget ausoder eingehen, so weiß und sieht er alles. Man vergleichet seine Erkentniß mit dem Morgenlicht, weil er alles durchschauet und helle macht.

HUITIÈME ODE
Avis au roi.

O Grand et suprême Seigneur ! vous êtes le souverain maître du monde ; mais que Votre Majesté est sévère, et que vos ordres sont rigoureux ! Le Ciel donne, il est vrai, la vie et l’être à tous les peuples de la terre ; mais il ne faut pas entièrement compter sur sa libéralité et sur sa clémence. Je sais qu’il commence toujours en père, mais je ne sais pas s’il ne finira point en juge.

Ven vang s’écrie : Hélas ! Rois de ce monde, vous êtes cruels, et vos ministres sont des tigres et des loups : vous êtes avares, et vos ministres sont autant de sangsues. Vous souffrez de telles gens auprès de vous. Vous les élevez aux premières charges : et parce que vous avez obligé le Ciel à faire tomber sur vous un esprit de vertige, vous mettez ces scélérats sur la tête de vos sujets.

Ven vang s’écrie : Hélas ! Rois de ce monde, sitôt que vous vous voulez approcher de vous quelque homme sage, incontinent les méchants jurent sa perte, et ils répandent mille faux bruits, pour couvrir leur haine de prétextes spécieux. Vous les écoutez, vous les aimez : c’est loger dans votre palais une troupe de brigands et voilà pourquoi les imprécations du peuple n’ont point de bornes.

Ven vang s’écrie : Hélas ! Rois de ce monde, vous êtes à l’égard de votre pauvre peuple, comme des bêtes féroces et affamées ; et vous mettez toute votre habileté à trouver des conseillers encore plus méchants que vous; ne vous appliquant nullement à la vertu, vous êtes sans appui véritable et toute votre vie n’étant que mensonge, vous n’avez pour favoris que des trompeurs.

Ven vang s’écrie : Hélas ! Rois de ce monde, les murmures de votre peuple sont comme les cris des cigales, et la colère bouillonne dans le milieu de son cœur. Vous touchez au dernier malheur, et vous ne changez point. La peste est dans le sein de l’empire, et gagne jusqu’aux barbares les plus éloignés.

Ven vang s’écrie : Hélas ! Rois de ce monde, ce n’est pas le Seigneur que vous devez accuser de tant de maux ; ne vous en prenez qu’à vous-mêmes. Vous n’avez point voulu écouter les sages vieillards : vous les avez tous écartés ; mais bien que vous n’ayez plus auprès de vous de ces hommes respectables, vous avez encore les lois ; que ne les suivez-vous, pour détourner les fléaux qui sont prêts de vous accabler.

Ven vang s’écrie : Hélas ! Rois de ce monde, on le dit, et il n’est que trop vrai : ce qui a fait mourir ce bel arbre, ce n’est point qu’on en ait rompu les branches, ou qu’on en ait abattu les feuilles ; c’est que la racine était gâtée et pourrie. Comme vous devez vous regarder dans les rois qui vous ont précédé, et qui vous ressemblaient, de même vous servirez un jour d’exemple à ceux qui viendront après vous. Plus le monde vieillit, et plus il a d’exemples fameux pour s’instruire, et il n’en devient pas meilleur.

Voila ce qui concerne ces trois premiers livres classiques, sur lesquels je me suis un peu plus étendu, que je ne ferai sur les deux autres parce qu’il s’en faut bien que ceux-ci ne soient dans une égale considération, quoi qu’ils ne laissent pas d’être regardés comme des monuments très respectables.

8.
Ode, Erinnerung an einen König.

Grosser und höchster Beherscher! ihr seyd der gröste Herr in der Welt. Aber wie streng regieret ihr! Wie hart sind eure Befehle. Es ist wahr, der Himmel giebt allen Menschen auf Erden das Wesen und Leben; aber man muß sich nicht gar auf seine Gnade und Freygebigkeit verlassen. Ich weiß wohl, daß er allezeit als ein Vater anfängt; aber ich weiß nicht, ob er nicht als ein Richter aufhören möchte.

Ven vang schreyet: Ihr Könige dieser Welt, ihr seyd grausam, und eure Minister sind Tieger und Wölfe. Ihr seyd geizig, und eure Minister sind gar Blutigel. Dergleichen Leute dultet ihr um euch mit einem Schwindelgeist zu plagen, so machet ihr diese Bösewichter zu Oberhäuptern eures Volks.

Ven vang rufet: Ihr Könige der Welt! Wenn weise und vernünftige Männer euch was gutes rathen wollen, so schwören ihnen die Gottlosen gleich den Todt; sie breiten tausenderley falsche Gerichte aus, um solche Leute bey euch verhast zu machen. Und diese höret ihr, diese leidet ihr. Ihr beherberget in eurem Pallast eine Bande Strassenräuber. Sehet um deswillen hat das Fluchen der Unterthanen keine Gränzen.

Ven vang schreyet: Ihr Könige der Welt! ihr beweiset euch gegen eure Unterthanen als wilde und ausgehungerte Thiere. Ihr wendet alle eure Geschicklichkeit an, solche Räthe zu finden, die gottloser sind, als ihr selbst seyd. Weil ihr euch um keine wahre Tugend bekümmert, so seyd ihr ohne alle Stütze. Weil euer ganzes Leben lauter Lügen ist, so sind auch die Betrüger eure Gunstgenossen.

Ven vang rufet: Ihr Könige der Welt, das Murren eures Volks ist wie das Geräusch der Heuschrecken: der Zorn kochet in ihren Herzen. Ihr stürzet sie ins äusserste Unglück, und ändert euch in keinem Stück. Die Pest ist mitten im Reich, und erstrecket sich schon bis zu den entferntesten Barbaren.

Ven vang rufet: Ihr Könige der Welt! Dem Herrn des Himmels könnet ihr diese Unglück nicht zuschreiben; sondern ihr selbst seyd Schuld daran. Ihr habt die alten Weisen nicht hören wollen; ihr habt sie euch alle von der Seite geschaffet. Ob ihr nun gleich diese ehrwürdigen Männer nicht um euch habt, so sind doch die Gesetze noch vorhanden. Warum folgt ihr denselben nicht, um die Plagen abzuwenden, damit ihr bedrohet werdet.

Ven vang rufet: Ihr Könige der Welt! Man sagts, und es ist auch alzuwahr: Davon ist der Baum nicht verdorben, daß man die Blätter abgepflücket und die Zweige abgebrochen hat; sondern die Wurzel ist vergiftet und verfaulet. Wie ihr euch nach den Königen, euren Vorfahren, die euch gleich sind, abmesset; so werdet ihr andern zum Exempel dienen, die auf euch folgen. Je älter die Welt wird, desto mehr Exempel stellet sie dar; aber sie wird deswegen nicht besser.

Das ist es, was in den drey ersten canonischen Büchern enthalten; wobey ich mich etwas weitläuftiger aufgehalten habe, als ich es bey den andern zu thun willens bin, indem die zwey letztern nicht von der Erheblichkeit sind, ob sie gleich auch ehrwürdige Alterthümer gehalten werden.